1. nomenclature : ensemble vocal mixte a cappella (3 sopranos, 3 altos, 3 ténors, 3 basses)

  2. textes : W. Whitman, J. dos Passos, J. Ellroy, F.S. Fitzgerald, D.Thomas, W.H. Auden, E. Lear

  3. durée : 22’

  4. création : 13 novembre 1998 • Festival rendez-vous musique nouvelle (Forbach) •

                    • ensemble vocal Soli-Tutti • Denis Gautheyrie, direction

  1. commanditaire : Université Paris VIII

  2. éditeur : inédit


  

texte de présentation

Écrit pour 12 voix mixtes a capella, Cri(m)es of New York est en sept parties :

I • II. Mannahata • III • IV. Nighthawks • V • VI. Reliquary • VII

I a un caractère de prologue, VII d’épilogue, III et V d’interludes. Dans ces parties, tous les éléments bruités (radios, sirènes, interjections, cris, etc.) ont été relevés par moi-même dans les rues New York.

Le texte chanté à la fin de VII est la dernière phrase de The Great Gasby de Francis Scott Fitzgerald :

So we beat on, boasts against the current, born back ceacelessly into the past

Les parties paires, celles portant un titre (MannahataNighthawksReliquary) font chacune référence à une forme artistique précise : la littérature dans Mannahata à travers le poète Walt Whitman, la peinture dans Nighthawks à travers le peintre Edward Hopper, et la musique dans Reliquary à travers le compositeur Igor Stravinsky :

Manahatta est le nom indien de Manhattan. C’est une évocation musicale de New York vue du pont de Brooklyn d’où trois groupes de personnes regardent dans des directions opposées. Le premier groupe (à gauche) regarde vers Manhattan, le deuxième (à droite) vers Brooklyn, et le troisième (au centre) vers Staten Island et la mer. Le texte est extrait de Leaves of grass de Walt Whitman (1819-1892).

Nighthawks est une « mise en son » du tableau éponyme (1942) d’Edward Hopper (1882-1967). Le groupe central de solistes figure les quatre personnages du tableau. Le texte récité par l’homme de dos et dont le chœur reprend des bribes est tiré de Manhattan transfer de John Dos Passos (Chapitre V. Steamroller). Le « Have you got a match ? » de l’homme à droite de la femme est le titre d’un morceau de Chick Corea. Le texte chanté est un poème sans titre de James Ellroy tiré de son roman Brown’s Requiem. La chanson fredonnée en arrière plan est Honeysuckle Rose de Fats Waller. C’est comme une vieille mélodie entendue dans le lointain, comme une radio mal éteinte. Le bruit de verre a été entendu par moi-même dans un bar de Soho.

Reliquary est en deux parties :

la première partie est un reportage sonore. C’est la transcription exacte de l’enregistrement d’une répétition d’Igor Stravinsky avec la soprano Cathy Berberian et le Columbia Symphony Orchestra dans les studios de CBS à New York en 1964. Tandis que les membres de l’orchestre s’installent en studio, se chauffent et bavardent entre eux, Stravinsky fait travailler à Cathy Berberian la deuxième des Trois petites chansons (Souvenirs de mon enfance). Stravinsky est joué par le chef de chœur (rôle parlé-rythmé), Cathy Berberian par la soprano I du groupe II (au centre) et les membres de l’orchestre par le reste du chœur.

la seconde partie est la transcription vocale de fragments et d’esquisses d’une œuvre symphonique inachevée de Stravinsky datant de 1966-67. Les textes sont tirés de différentes œuvres de la dernière période du compositeur.

MannahataNighthawks et Reliquary ont dans l’ensemble un caractère serein, relativement calme, et sont davantage tournées vers l’introspection que les parties qui les encadrent. Ces dernières reflètent un New York beaucoup plus actuel, rapide et désordonné, agité et bruyant, dérisoire aussi...

François Narboni






Soli-Tutti

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Cri(m)es of New York